samedi 3 mars 2007





Sur l’île de Paques, nous étions déjà au Chili mais l'influence polynésienne restait très marquée.
Nous voici à Santiago depuis trois jours. Il fait un peu moins chaud qu'en Polynésie mais la température tourne autour de 25 degrés.La ville est relativement moderne, sans charme particulier. Il reste quelques édifices datant de la colonisation hispanique, en particulier la vieille église San Francisco datant du XVIème siècle. Une ballade au sommet de la colline Santa Lucia au centre de la ville nous donne un aperçu de l'agglomération, située au pied des montagnes.Santiago est une ville agréable et vivante où nous avons pris plaisir à flâner : marche central, superbe musée des arts précolombiens, palais de la Moneda qui fut pris d'assaut par la junte fasciste le 11 septembre 1973, entraînant la mort du président Salvador Allende et prélude aux tortures et exécutions massives.Nous nous apprêtons à visiter la maison de Pablo Neruda, poète auquel la junte militaire n'osa pas s'attaquer en raison de sa notoriété internationale.Nous logeons dans le quartier Bellavista, proche du centre ville. Tranquille et calme dans la journée, il s'anime en fin d'après-midi dès que les nombreuses terrasses des cafés et restaurants se remplissent. Nous n'avons pas manqué de nous y arrêter pour goûter le fameux Pisco sour (3/4 de Pisco, 1/4 de citron, sucre), apéritif à base d'alcool de raisin : délicieux.Ce soir, nous prenons un bus de nuit pour Puerto Montt (12 h de route). De la, nous embarquerons lundi à bord du "Magellanes" pour un voyage de 4 jours a travers le "canal de Patagonie" au milieu des îles, fjords et glaciers jusqu’à Puerto Natales.

PS : je ne m'associe pas aux textes délirants de Richard (je suppose que tout le monde aura reconnu son style). Si quelqu'un doit être rapatrié d'urgence, ce n'est pas moi. Je vais bien (dans ce cas, pensez à le remplacer, je ne veux pas finir le voyage toute seule). Danielle

vendredi 2 mars 2007

Un peu plus sur l'ìle de Pâques



L'île de Pâques est très isolée, à 2000 km de l'île la plus proche et à 2700km des côtes chiliennes. Un bateau de ravitaillement passe trois fois par an. Sinon tout arrive par avion ce qui fait augmenter les prix de facon considérable (2 € la bouteille d'eau) et les magasins sont peu fournis. Nous sommes à la pointe du triangle polynésien (Hawaï - Nouvelle Zélande -Ile de Pâques). L'île a été découverte il y a 300 ans et les premières restaurations des sites datent de 1960.
Si l'on sait si peu de choses sur cette civilisation, c'est qu'il y a eu rupture dans la transmission orale de la culture. En effet, les péruviens ont débarqué sur l'île peu après sa découverte et ont déporté la majeure partie des pascuans pour les faire travailler dans les mines. Quand l'église est intervenue pour les faire rapatrier sur leur île, la plupart étaient morts ou malades. Tout ce qui est rapporté sur l'origine des moais et sur cette civilisation n'est qu'hypothèses scientifiques ou légendes : Les moais auraient sans doute eu plus un rôle de commémoration qu'un caractère religieux, chaque roi voulant faire bâtir un moai plus beau et plus grand que ses prédécesseurs.
On trouve des moais partout et dans tous les états :
  • debout sur leur plateforme de destination
  • abattus près de la plateforme (tsunami ? troubles sociaux ?...)
  • abandonnés en cours de transport entre la carrière et le lieu de destination
  • certains sont encore dans la carrière où étaient taillés tous les moais. Dans certains sites totalement en ruine, on croit voir un rocher mais c'est une tête de moai.

lundi 26 février 2007

L'Ile de Paques




Nous sommes sur l'île de Pâques depuis jeudi et il pleut tous les jours (on ne peut pas rester en Polynésie toute l'année...). En fait ce sont des grains intermittants qui arrivent par l'ouest (la Bretagne nous poursuit) et qui sont parfois extrêmement violents.
L'île est étonnante : volcanique, aride, peu peuplée (3800 hab.), elle a un air de bout du monde encore accentué par la présence de plus de 900 moais dont un certain nombre sont toujours dans leur position originelle, dressés au bord de l'eau, dos à la mer. Il n'existe pas d'explication réellement fiable concernant leur origine et leur fonction symbolique, renforcant encore plus le caractère mystérieux de leur présence. Nombre d'entre eux sont abattus ou brisés comme pour signifier qu'un cataclysme a fait disparaître toute trace de leurs concepteurs..L'île présente par ailleurs un côté désuet.

La rue principale de Hanga Roa, le seul village de l'île ne ressemble à rien de ce que nous connaissions : quelques maisons basses, assez éloignées les unes des autres bordent une rue pavée où se cotoient vieux pick up 4X4, cavaliers et chevaux en liberté (le cheval est un mode de transport très utilisé ici). L'accueil des pascuans est chaleureux mais ils semblent vivre à deux de tension : il faut compter plus d'une demi heure pour se faire servir un plat simple au restaurant, 3 heures pour changer de l'argent à la banque (quand on y arrive).

Nous avons effectué 2 plongées. La visibilité est extraordinaire, comparable à la caraïbe, les coraux, magnifiques, sont bien préservés mais la faune est peu dense, essentiellement composée d'espèces tropicales ( nous sommes à 28 degrés sud). Les grosses carangues ont un comportement étonnant. A peine avons nous sauté à l'eau qu'elles viennent tourner à moins d'un mètre de nous. Elles nous suivrons partout pendant les 50 minutes de la plongée. Il faut parfois les écarter pour voir les autres poissons comme les mérous sur le tombant de la Gabinière à Porquerolles.

PS : il y a des risques de dengue sur l'île. Si vous commencez à lire des propos délirants sur ce blog...n'hésitez pas, faîtes nous rapatrier.

lundi 19 février 2007

Douceur de vivre...





La journée se termine. Elle a été riche en évènements : balade sur le motu à l'ombre des cocotiers, baignade dans l'eau claire du lagon pour y admirer le bal des poissons multicolores dans les jardins coralliens.A l'ombre fraîche du auvent de mon fare, mon regard se porte au delà des eaux turquoises du lagon, bien au delà des flots qui frisent au passage de la barrière de corail. Là bas, à plusieurs milles nautiques, la silhouette évanescente de Bora Bora s'offre aux regards comme une perle noire dans son écrin d'azur. Enivré par les fragrances des fleurs de tiaré qui saturent l'atmosphère, je me laisse aller à la contemplation d'un pêcheur qui dans le couchant hale son épervier.
La brise légère qui nous distille sa fraîcheur conduit jusqu'à mes oreilles la voix lascive d'une vahiné qui à quelques pas de là rythme son labeur d'une mélopée traditionnelle aux accents de miel. Sa complainte est à peinetroublée par le léger clapot des eaux irisées qui viennent mourir sur le sable éclatant de la plage. Allongé dans mon hamac, à tâtons, mes doigts partent à la recherche de mon jus de mangues fraîchement pressées dont le verre est encore embué.
Je songe que bientôt vous allez devoir sortir au petit matin blafard pour affronter une bise glaciale. Harassés, fourbus, il vous faudra accomplir une tâche épuisante rendue encore plus insupportable par le mépris de votre hiérarchie. Puis de retour, après l'ouverture des missives quotidiennes (rappel des impôts, agios afférents au dernier découvert bancaire) n'avoir pour seule perspective que les derniers avatars du faux duel politique d'uneélection programmée à l'avance, suivis d'un plongeon dans l'infinie médiocrité d'un programme télévisuel proche de l'acculturation absolue.
Je frémis à cette évocation mais mon esprit est aussitôt accaparé par les senteurs épicées qui exhalent du fare poté'e. C'est bientôt l'heure du dîner. A quelles délices gustatives notre hôtesse nous conviera-t-elle aujourd'hui ? thazard à la vanille, mahi-mahi au miel, chevrettes à la fleur de safran, langoustes grillées au beurre et fines herbes ?
Pour patienter et laisser à mes papilles et à mes sens le temps de se préparer à ces indicibles plaisirs, mon regard se perd vers le lointain où le soleil couchant embrase une dernière fois l'horizon dans une explosiond'or et de lumières.

Nous sommes tout à fait conscient du caractère indécent de ce texte et des photos qui l'accompagnent. Il faudra donc les prendre pour ce qu'ils sont : une pure provocation (les commentaires devenant un peu mous ces derniers temps).

Réponses à quelques questions posées ces derniers jours.

A Léo (CM2).
Il n'y a pas de meilleur endroit à proprement parler en Nouvelle Zélande.
Tout dépend de ce qu'on cherche et de ce qu'on veut y faire (pêcher, plonger, skier, voir des animaux, des paysages...). Nous, nous n'avons pas d'autre projet que celui de découvrir.
Et là, enNouvelle Zélande on est servi ! C'est superbe et varié.
A Julie.
Nous n'avons pas rencontré de breton en Polynésie mais cela ne nous a pas empêché de manger des crêpes. Le soir à Tahiti, on ne trouve pas facilement de restaurant ouvert mais par contre il y a beaucoup de "roulottes" sur les bords de route qui propose des crêpes et des pizzas.

samedi 17 février 2007

Rêves d'O...



Après Huahine, nous terminons notre séjour dans les îles de la Société par Bora Bora. Nous logeons sur un petit motu, loin de la foule des américains et des japonais richissimes qui payent jusqu'à 800 € la nuit pour un bungalow sur pilotis au bord du plus beau lagon du monde. C'est vrai qu'il est splendide. L'arrivée en avion au dessus de l'île laisse un souvenir inoubliable. Pirogues à balancier et baignade, un peu de vélo (2h à une température de 35°) sont au programme. On trouvait la Polynésie très chère, mais Bora Bora dépasse la mesure : 2h de vélo nous reviennent aussi chères qu'une journée de voiture en Nouvelle Zélande.

Nous quittons Bora Bora pour l'archipel des Tuamotu qui n'est composé que d'atolls.
Rangiroa, notre première destination dans l'archipel est le plus grand atoll de Polynésie et le deuxième au monde (75 km de long et 35 km de large). C'est une couronne de plus de 400 motus (îlots).
Nos activités : traversée du lagon en bateau, visite de l'île aux oiseaux, pique nique sur un motu.
Au retour de notre excursion, le capitaine du bateau s'arrête en pleine mer, nous dit qu'on peut descendre se baigner et regarder poissons et requins avec le masque. Nous sommes confiants, les requins à pointe noire sont totalement inoffensifs. Alors que nous nageons et scrutons les eaux, nous percevons une grande agitation dans l'eau. Notre cuisinier vient de jeter par dessus bord les restes du repas. Nous sommes sidérés et un peu impressionnés tout de même mais personne ne semble s'inquiéter, aussi nous continuons à observer.
Danielle : "Un petit moment d'interrogation quand même quand je me rends compte que les requins font la ronde autour de moi. Je sors la tête de l'eau et je demande : "Ils tournent tous autour de moi, c'est normal ? ". Grand éclat de rire sur le bateau mais mine de rien je me dirige vers l'échelle pour remonter. Je ne suis pas sûre que les requins aient assez mangé".
A la pension, notre logeur à qui nous racontons notre journée nous dit qu'il faut éviter de s'approcher trop près des requins quand ils mangent. Ils peuvent se tromper. Trop tard c'est fait !
Confiance ? Inconscience ?
Danielle : "Un autre moment fort : la plongée. Deux plongées successives nous emmènent à côté de la passe de Tiputa, côté océan. Première plongée : un peu de courant et de houle nous balancent au milieu d'une faune extraordinaire (perroquets, papillons, napoléons de bonne taille, poissons cochers, chirurgiens...). Nous rencontrons un groupe de 6 dauphins qui jouent quelques moments autour de nous. Deuxième plongée : Marina notre guide de palanquée attend le moment favorable pour nous faire traverser la passe, quand le courant s'inverse et devient rentrant dans le lagon. Là, nous sommes entraînés à une allure soutenue à travers la passe, puis en prenant un peu de fond (18 m) nous allons nous poster dans un canyon sous
marin et là, accrochés aux rochers, nous regardons passer les habitants de ces fonds. Au dessus de nos têtes, 2 requins pointe blanche sont à l'affût. Devant nous des centaines de gros chirurgiens évoluent. Nous sommes devant un aquarium géant surpeuplé. Au retour, nous voyons passer à 10 ou 15 m au dessous de nous un banc de raies léopard, en formation comme une escadrille. J'en compte 30 et j'arrête, j'ai du mal à suivre. Je ne fais pas la troisième plongée et je le regretterai toute ma vie. Il parait que 2 requins marteaux ont pointé le bout de leur nez".
La deuxième et dernière destination dans les Tuamotu est Tikehau, atoll qui ne s'est ouvert au tourisme que depuis à peine 10 ans et qui a conservé toute son authenticité. Au cours d'une sortie pique nique le capitaine mouille le bateau sur une "patate" de corail au milieu du lagon et sort le fusil pour pêcher le repas : perroquets, mérous, becs de cane, rougets, nasons et une dizaine de bénitiers, coquillages à la saveur de palourde que nous dégusterons crus. Nous en profitons pour nager au milieu de lagon admirant la technique du chasseur et les requins pointe noire qui tournent autour de nous.
Notre tour des îles se termine. Demain nous rejoindrons Moorea (l'île sœur de Tahiti) pour passer les 3 jours qui nous restent en Polynésie française.

mercredi 7 février 2007

Les îles sous le vent





Nous voici partis à la découverte des îles sous le vent depuis maintenant 9 jours.

A Maupiti, nous logions sur un motu (petit îlet de sable et de corail) où vivent une trentaine d'habitants. Camille et Anne-Marie y réservent un accueil très chaleureux et font profiter leurs hôtes de leur connaissance approfondie de la Polynésie (www.maupiti-kuriri.com).
Raiatea, l'île suivante est beaucoup plus grande. Sacrée aux yeux des polynésiens, elle fut le lieu de peuplement originel de l'archipel. Montagneuse et d'origine volcanique, c'est une petite île de la Réunion en miniature.
Nous voici à Huahine depuis hier, considérée comme la plus belle et la plus sauvage des îles de la Société.
Balades en canoë dans les lagons, promenades à pied sur les motus (toujours accompagnés des chiens locaux qui nous font admirer leurs techniques de pêche), trekking en forêt, découverte de l'île (Raiatea, Huahine) en voiture de location, baignades figurent au programme de nos journées.
Quelques moments forts :
- Un trekking au site des 3 cascades (Raieta) accompagnés d'un guide, Eric Pellé, stupéfiant par ses connaissances. Au passage : le fafa, sorte d'épinard à la feuille déperlante qui ressort totalement sèche d'une immersion dans le torrent ; l'ilang-ilang au parfum persistant ; la fleur de gingembre qu'il suffit de presser pour obtenir du savon...
- Le tour pédestre de l'île principale de Maupiti (3 heures) : soleil de plomb à peine interrompu de loin en loin par l'ombre d'un arbre à pain, plages de sable blanc, panaromas époustouflants sur les eaux du lagon du sommet de la "montagne" (200 m)
- Une balade en canoë autour de notre motu à Maupiti au dessus des raies léopard puis d'un requin pointe noire
- La visite de la vanillère de Raiatea. Un "demi" selon l'expression locale (1/2 chinois, 1/2 polynésien) y cultive la vanille et sait faire partager sa connaissance de son métier et bien au delà.
C'est probablement un des aspects marquants de notre tour des îles : on y rencontre des gens passionnants. Beaucoup se sont fixés ici après avoir beaucoup voyagé ou effectué des tours du monde en vollier (le mythe du "port" dans l'oeuvre de Jacques Brel qui a terminé sa vie ici n'est pas loin).
Impossible enfin de terminer cette page sans mentionner la cuisine polynésienne et ses mille façons originales d'accommoder le poisson. Nous y reviendrons et nous rapportons des recettes. Avis aux amateurs. Notre table est ouverte.
A bientôt. En tout cas à la prochaine fois que nous trouverons un accès internet...
Et là c'est galère !