vendredi 23 mars 2007

Siempre viviendo






Nous sommes arrivés hier soir à San Carlos de Bariloche (Argentine) après un voyage de 2 jours et 2000 km en car sur la Ruta 40, la Carretera Australe (ce qui explique notre silence). Pour les latino-américains, cette route est aussi mythique que l'est la Route 66 pour les nord-américains. Partant d'El Calafate, elle remonte l'Amérique du sud parallèlement à la Cordillère des Andes avec, pour la partie que nous avons empruntée, une belle vue sur le Fitz Roy, haut sommet sur la frontière chilo-argentine. C'est une piste souvent rectiligne de cailloux et de poussière qui traverse la pampa argentine, région aride et désertique où la végétation très basse constituée uniquement de buissons n'offre aucun obstacle à la vue. On y croise par endroit de petits troupeaux de moutons ou de vaches, des groupes de chevaux sauvages ou de guanacos ainsi que des nandous de Darwin, sortes de petites autruches que les anglophones appellent road runners et qui se mettent à courir devant le bus, sans doute pour mériter leur nom (il n'y aura pas de photo car ils sont trop rapides pour nous). Parfois un aigle posé sur le bord de la route nous regarde passer. Un vent violent balaye la pampa et le ciel à l'abri de la Cordillère est d'un bleu sans tâche. Durant le trajet, nous avons du croiser un véhicule toutes les 2 heures ce qui donne lieu à chaque fois à de grandes démonstrations sous forme d'appel de phares, d'avertisseur sonore et de signes de la main. Comme nous étions assis juste derrière le chauffeur, nous avons pu observer une technique de conduite hors norme : la tasse à "mate" dans une main et le téléphone portable dans l'autre.

Auparavant, notre dernière étape en Patagonie a été El Calafate dans la région des glaciers. Là, ce fut un régal pour les yeux. Nous nous étions extasiés sur ceux de Nouvelle Zélande car c'étaient les premiers que nous voyions, mais les glaciers de Patagonie sont sans doute les plus beaux du monde. A part peut être en Antarctique ou au Groenland, nous ne voyons pas où l'on peut trouver mieux (si quelqu'un a une idée, donnez nous l'adresse, on y court) :



  • Le glacier Perito Moreno : le plus beau.


  • Le glacier Upsala : le plus grand.


  • Le glacier Spegazzini : le plus haut.

Nous y sommes allés en bus puis en bateau sur le superbe Lago Argentino, passant à quelques mètres d'impressionnants icebergs, certains plus hauts que notre petite maison de Scaër. Les couleurs, nous n'en dirons pas plus, les photos parleront d'elles mêmes, et nous avons déjà longuement décrit précédemment les "bleus" du glacier Pie XI.


Avant de quitter la terre de feu et Ushuaia, nous avions visité l'ancien bagne et le musée qui retrace l'histoire des quatre peuples aborigenes qui y vivaient. Ils en furent chassés par les grands propriétaires terriens, éleveurs de moutons, ou décimés de façon dramatique par l'arrivée de la civilisation moderne. Le déclin des Yamanas notamment, fut incroyablement rapide. Ils furent réduits de moitié tous les 2 ou 3 ans sur une période de 20 années. Les missionnaires et autres colons avaient modifié profondément leur mode de vie, leurs coutumes et sans le vouloir ont haté leur disparition. Avant leur arrivée les Yamanas vivaient nus, le corps enduit de graisse de baleine ou de lion de mer pour se protéger du froid. Lorsqu'ils étaient mouillés, ils se groupaient autour du feu et étaient vite secs. Quand les colons les obligèrent à se vêtir, ils se sont retrouvés avec des vêtements toujours humides, difficiles à sêcher sous ces latitudes et tombèrent malades. Vivant nus, ils étaient naturellement propres, lavés par la pluie. Non accoutumés à porter des vêtements, ils se retrouvèrent dans des conditions d'hygiène déplorables. Les maladies les décimèrent très vite (tuberculose, pneumonie...). Des 4 peuples qui vivaient en Terre de feu, il ne reste aucun survivant.

vendredi 16 mars 2007






Ushuaia, 54 degrés sud, la ville la plus australe du monde, située dans la partie argentine de la Terre de feu : nous y sommes arrivés depuis mercredi après 10 heures de bus dans un paysage de steppes arides. Les grandes étendues désertiques sont toujours fascinantes. Avant d'arriver à Ushuaia, la route traverse une dernière fois la cordillière des Andes. Cette chaîne montagneuse se prolonge ensuite sous la mer pour réapparaître en Antarctique. Nous longeons le lago Fagnano, lac glaciaire bordé en ce début d'automne d'une végétation qui emprunte toutes les nuances de l'ocre, du brun et du roux.
A propos pourquoi ce nom la Terre de feu ? C'est Magellan, à l'occasion de son passage dans ce détroit qui porte maintenant son nom, qui nomma ainsi cette île parce que les aborigènes Yamana qui la peuplaient allumaient de grands feu afin de se repérer lorsqu'ils partaient pêcher en mer.
Nous avions hésité à descendre jusqu'à Ushuaia. Nous ne regrettons pas notre choix. La ville est extrêmement agréable, entre mer et montagne : d'un côté le canal de Beagle et ses multiples îlots peuplés de lions de mer, de cormorans et d'une faune très variée ; de l'autre, des sommets enneigés. On se croirait à Courchevel et l'on s'attend à tous moments à voir apparaître Michelle et Catherine, dévalant la pente telles des étoiles filantes, ne laissant derrière elles que la trace ondoyante et fluide de leurs skis.
A Ushuaia, comme dans le reste de la Patagonie, nos activités sont essentiellement centrées sur la nature : randonnée en montagne jusqu'au glacier Martial, ballade en bateau. On ne s'en lasse pas. Demain nous nous rendrons dans le parc national pour y emprunter le "Ferrocaril del fin del mundo", une vieille ligne de chemin de fer à vapeur (8 km) qui servait autrefois à alimenter la ville en bois de chauffage coupé et débité par les forcats du bagne. La visite se terminera par une ballade en forêt pour observer les castors.
Nous avons abandonné l'idée d'embarquer pour l'Antarctique qui ne se trouve qu'à 1000 km. Les propositions sont hors de nos moyens : 5000 US$ pour 8 jours. Officiellement, il s'agirait d'une sélection par l'argent destinée à limiter le tourisme et à préserver le milieu. On aurait souhaité une autre méthode pour cet objectif somme toute louable.
Nous n'avons rencontré aucun d'entre vous mercredi dernier au bar "El fin del mundo" et nous avons dû boire tous les piscos. Nous en déduisons logiquement que vous avez tous obtenu le score maximum au quiz. Le prochain sera plus difficile.

jeudi 15 mars 2007

Un petit clin d'oeil pour Catherine et Mireille.

Si la Patagonie couvre 17% du territoire du Chili, elle n'est peuplée que par 1% de la population ; on n'y croise pas énormément de monde, on y rencontre plus de pingouins que de beaux mecs. De plus, à l'inverse des animaux où le mâle est souvent plus beau que la femelle, il faut bien reconnaître que pour l'espèce humaine, on trouve plus de belles filles que de types à tomber à la renverse !!! Mais promis je me mets en chasse dès qu'on aura quitté les régions désertiques pour des endroits plus animés (Danielle).

Petit point sur la communication.

L'espagnol est une langue que nous n'avons pas apprise au cours de nos études. Cependant, la compréhension n'est pas un problème majeur tellement il y a de similitudes avec le français (contrairement aux anglo-saxons qui semblent "ramer" dès que l'anglais n'est plus utilisé). Par contre, l'expression est un peu plus ardue. Malgré nos quelques tentatives d'auto-apprentissage avant le voyage, notre espagnol comporte bien des lacunes. Personnellement (Danielle) je n'arrive pas à me débarrasser complètement de l'anglais et compose des phrases extraordinairement internationales, mêlant à souhait anglais français et espagnol (en terme linguistique cela s'appelle le franglaignol). Et plus extraordinaire encore c'est que parfois, les chiliens me comprennent, ce qui fait bondir Richard qui fait des efforts pour ne parler que l'espagnol. La communication reste quand même limitée aussi nous sommes-nous attelés à la tâche et travaillons d'arrache-pied (ou presque) grâce à la petite méthode d'apprentissage que nous avions apportée ("L'espagnol tout de suite") et qui dormait dans nos bagages depuis 4 mois. Si nous en avons le temps, nous essaierons de nous poser 8 jours pour profiter des offres de cours intensifs que l'on trouve dans beaucoup de villes.

Un petit coucou aux élèves du CM2 Aristide Briand d'Anglet.

Il semble que l'on vous ait perdus en Nouvelle Zélande. Etes-vous tombés à la mer en passant d'une île à l'autre ? Avez-vous raté l'avion pour la Polynésie ? Etes-vous restés sur l'île de Paques à chercher les secrets des Moais ? A moins que Laurent ne vous accable de travail, vous pouvez encore nous rattraper. Nous sommes tout en bas sur la carte de l'Amérique du sud, à Ushuaia, au milieu des pingouins et des lions de mer, un pied au Chili etl'autre en Argentine.

dimanche 11 mars 2007

Illustrations...




Une ballade en "zodiac" à Isla Magdalena dans le détroit de Magellan pour admirer la faune locale.
Les pingouins sont ceux qui ne portent pas de gilet de s
auvetage.

Solutions, résultats et gros lot

Solutions :
A
2 : Boudha est né au Nepal même s'íl a effectué son premier prêche à Sarnath près de Bénares. (Sonia, si tu as répondu "Dôle" tu peux quand même te compter un 1/2 point).

B
1 : A l'ouest bien sûr. La terre tourne dans le même sens pour tout le monde. Par contre si vous voulez y acheter une maison, choisissez en une exposée au Nord et orienter votre parabole TV dans la même direction. (Attention !!! Si vous avez répondu "au centre" vous regardez trop Francois Bayrou à la TV).

C
3 : C'était trop facile, vous ne vous comptez pas de point.

D
1,2,3,4 : En fait nous n'avons pas compris pourquoi. Si vous le savez dîtes-le nous. Vous pouvez quand même vous compter 1 point.

E
2 : La volaille permet de se débarrasser des nuisibles et notamment des "100 pieds" (scolopandres). Par contre, les polynésiens ne mangent pas les raies, poissons sacrés autrefois réservés aux rois. (Si vous avez répondu E - 1, discutez en tout de suite avec Danielle).


Résultats.
Vous avez obtenu :
6 points : vous avez triché. Il n'y avait que 5 questions.
5 points : vous savez tout, inutile de voyager, restez au chaud à la maison.
4 points et moins : venez nous rejoindre. Rendez-vous le 14 mars à Ushuaia à 19 h, Plazza de Armas, à la terrasse du café "El fin del mundo". Nous commandons les piscos.

samedi 10 mars 2007

Un petit concours : que le meilleur gagne (ou le plus rapide au clavier)






Les photos ont été prises lors d'une visite dans le parc national Torres del Paine. Zorro le renard et le guanaco sont spécialement dédiés à notre petite fille Zoé.

Quizz du petit routard.
(Questionnaire élaboré le 8 mars 2007 à 2 h du matin à bord du "Puerto Eden" par mer agitée).

A - Sidartha Gautama est né :
  • 1 - Dans le nord de l'Inde près de Bénarès.
  • 2 - Au Népal
  • 3 - A Dôle dans le Jura.

B - En Patagonie (hémisphère Sud, attention au piège !), le soleil se couche :

  • 1 - A l'ouest.
  • 2 - A l'est.
  • 3 - Au centre.
  • 4 - Où il veut.
C - De nombreux japonais portent un masque devant la bouche et le nez parce que :
  • 1 - Ils préparent un "casse" à la BNP.
  • 2 - Ils retournent au bloc opératoire terminer l'appendicectomie qu'ils ont interrompue pour aller acheter le journal.
  • 3 - Ils se protègent et protègent les autres des microbes, bactéries et autres agents allergiques.
D - De nombreux néo-zélandais se promènent pieds nus pour :
  • 1 - Ne pas salir par terre.
  • 2 - Ne pas salir leurs chaussures.
  • 3 - Faire style "nature - écolo" branché.
  • 4 - Avoir les pieds dans le gazole quand ils font le plein à la station service.
E - En Polynésie française les nombreux coqs, poules, poulets vivent en liberté mais les polynésiens ne mangent jamais de volaille parce que :
  • 1 - Ils ne supportent pas le contact avec un animal à plumes même mort.
  • 2 - La volaille sert à se débarrasser des nuisibles.
  • 3 - La volaille était autrefois un plat sacré réservé aux rois.

Résultat demain : ne manquez pas ça

vendredi 9 mars 2007




Nous avons débarqué ce matin du "Puerto Eden" après un voyage de 4 jours. Ce navire de fret qui transporte également des passagers nous a descendus plein sud de Puerto Montt à Puerto Natales (51 degrés sud) au bord du fiord de "la ultima esperanza". La croisière est superbe. Le bateau navigue dans le "canal de Patagonie", slalommant à travers ce chapelet d'îles qui bordent toute la côte sud ouest du Chili.
Nous avons passé nos journées sur le pont supérieur malgré un vent glacial à admirer les dauphins, les lions de mer, les albatros... Les paysages sont sublimes : fiords, glaciers, sommets enneigés, passes extrêmement étroites qui laissent à peine au navire la place de naviguer.
A mi-chemin, nous faisons une escale d'une heure à Puerto Eden pour permettre à notre bateau (du même nom) de décharger un peu de fret. Ce petit port de pêcheurs isolé, calme, sans route, sans automobile parait hors du monde. Le temps semble s'y dérouler au ralenti.
Un peu plus au sud, notre navire se déroute pour s'approcher à quelques mètres du glacier Pio XI. Une langue de glace large de plusieurs centaines de mètres, haute de plusieurs dizaines dévale jusqu'à la mer. La glace vive prend par endroits des teintes d'un bleu profond.
En aval, le courant charrie de gros morceaux de glace détachés du glacier.
Un autre grand moment : les couchers de soleil. En raison de la latitude très basse, le soleil est de plus en plus rasant et, lorsqu'il descend à l'horizon, il compose avec les nuages des tableaux à dominante de rouge, rose et orange comme nous n'en avons jamais vus ailleurs.